5 vérités sur le pain au bord du lac (la 5ème va vous étonner)
Je vois du pain. J’observe. Je réfléchis. Voici ce que j’ai appris.
Le pain, je connais. Je le vois. Je l’approche. Je l’évalue. Et parfois, je le mange.
Chaque jour, au bord du lac, le pain apparaît sans prévenir. Il tombe du ciel, des mains humaines, des sacs en papier. Il est là, posé sur le sol humide, flottant à moitié, ou déjà convoité par un pigeon trop confiant. Voici donc cinq vérités que tout canard devrait connaître.
1. Tout le pain n’est pas bon pain
Certains morceaux sont mous, d’autres secs, certains ont clairement vécu une journée de trop. Le pain blanc flotte mieux, le pain complet coule plus vite. Ce sont des faits. Il faut observer avant d’agir.
2. Le pain attire toujours quelqu’un
Même quand il semble abandonné, il ne l’est jamais vraiment. Un pigeon regarde. Un autre canard attend. Un cygne n’est jamais loin. Le pain n’est jamais solitaire. Il est social, conflictuel, parfois dangereux.
3. Le pain change le comportement
Avant le pain, nous nagions calmement.
Après le pain, plus personne n’écoute personne.
Les trajectoires deviennent imprécises, les battements d’ailes plus larges, la dignité baisse légèrement.
4. Le pain n’est jamais gratuit
Manger du pain implique un regard humain.
Parfois une photo.
Parfois un commentaire.
Il faut accepter d’être observé pendant l’ingestion. C’est le prix à payer.
5. Le pain n’est pas l’essentiel
Et c’est là que je vous étonne.
Le pain est pratique. Il est visible. Il est rassurant.
Mais ce n’est pas pour lui que je reviens chaque jour au bord du lac.
Je reviens pour l’eau froide mais stable.
Pour les habitudes.
Pour les mêmes bancs humides.
Pour le pigeon que je croise sans vraiment lui parler (cet enculé).
Le pain passe.
Le lac reste.